A la découverte de la Cité Ballabey de Thiès, cité historique de la ville aux deux gares au Sénégal


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La cité Ousmane Sarr ou Ballabey porte une part de l’histoire de la ville aux deux gares par le chemin de fer. Elle fut le lieu de résidence des cadres de l’administration coloniale de la société du Chemin fer avant d’être cédée aux cadres autochtones. Cette cité qui faisait hier la fierté de certains habitants de Thiès, ressemble aujourd’hui à un bidonville. L’usure du temps et le défaut d’entretien ont craquelé l’image idyllique et bucolique qu’offrait la cité qui a perdu de sa splendeur. 

Nichée dans la commune de Thiès-Est, la cité Ballabey construite entre les années 1902, 1921 et 1929, du nom du premier Directeur général du Chemin de fer, est le premier quartier résidentiel de la cité du Rail. A l’époque, il était quadrillé par de larges allées et routes bitumées, lesquelles étaient bordées de grands arbres verdoyants et ombragés. Lieu de résidence des cadres de l’administration coloniale de la société du Chemin fer, la cité était conçue pour rendre agréable le séjour des colons de la société ferroviaire. Ce quartier qui n’avait rien à envier à ceux de la capitale, donnait l’image d’un immense parc aux arbres magnifiques à l’ombre desquels avaient été aménagées des villas avec de grandes cours. Ses habitants vivaient avec un certain train pour ne pas dire dans une parfaite opulence. En effet, l’endroit étant la propriété de la société du chemin de fer, les résidents étaient exempts de payer les factures d’eau et d’électricité. « Tout était à la charge de l’entreprise ferroviaire », se souvient ce vieil homme qui a longtemps servi dans la société avant de bénéficier d’un de ces logements où il vit aujourd’hui avec sa famille. 

A l’époque, seuls les cadres de la régie et de la société nationale du Chemin de fer avaient la possibilité de loger dans la cité. La résultante de la politique sociale appliquée par l’entreprise. Cependant, fait noter notre interlocuteur, à côté de ces cadres Blancs, quelques Noirs (Sénégalais et Maliens), notamment des agents de dépannage et travailleurs de la voie chargés des interventions rapides sur la voie ferrée, habitaient à proximité de l’entreprise. Dans cet environnement bucolique, les familles avaient beaucoup de possibilités sur le plan de la mobilité et des loisirs. « Il y avait des bus qui assuraient le transport des femmes au marché et des élèves, un cercle de l’entreprise était édifié sur les lieux, un terrain de tennis etc. Juste à la périphérie de la cité, un dispensaire prenait en charge les résidents. Bref, tout était mis à la disposition de ces cadres qui pouvaient rester dans leur environnement sans se frotter aux autochtones. Les rares fois qu’ils sortaient, c’était pour aller au travail ou au cinéma», se souvient Ahmadou Sarr, président des habitants de la cité, rapporté par le journal Le Témoin. 

Cette prospérité a cependant commencé à se dégrader après l’accession du Sénégal à l’indépendance en 1960. En effet, sept ans après, l’Etat du Sénégal avait pris une décision assez complexe et qui consistait à libérer le maximum de cadres au niveau de la société du chemin de fer. « Tous les cadres qui étaient âgés de 50 ans étaient admis à la retraite alors qu’ils avaient la possibilité d’aller jusqu’à 58 ans voire 60 ans pour ceux qui avaient des enfants mineurs », explique le vieux Sarr. En effet, l’Etat du Sénégal pensait qu’il y avait trop de privilèges pour ces cadres du Chemin de fer. Par conséquent, pour ne pas grever le budget de l’Etat qui supportait ces privilèges hérités de l’administration coloniale, le président Senghor avait jugé nécessaire de mettre de l’ordre au sein de l’entreprise ferroviaire. 

Selon le premier président de la République du Sénégal, ces décisions s’imposaient pour la pérennité de l’entreprise. « Les efforts pour le renouvellement du matériel étaient insuffisants, le personnel était pléthorique en plus d’être âgé. Les charges de personnel absorbaient par conséquent près de 80% du budget de la Régie. Ce qui fait que les recettes ne pouvaient être que trop faibles au regard des dépenses trop élevées. Il avait été alors décidé  une réorganisation générale, administrative et technique, ainsi qu’une refonte du statut du personnel. S’y ajoutaient d’autres décisions telles que : la personnalisation de la prime de gestion de fin d’année, l’alignement des avantages sociaux sur ceux des fonctionnaires », avait justifié l’Etat du Sénégal tout en rassurant les travailleurs mis en retraite anticipée pour la prise en charge de leurs pensions de retraite.

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A la découverte de la Cité Ballabey de Thiès, cité historique de la ville aux deux gares au Sénégal : Vue des logements à la cité Ballabey