Et Sy Oumou nous contait l’histoire des Signares Sénégalaises

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Issue d’une famille religieuse et d’obédience chérifienne, la styliste Oumou Sy est également liée aux familles de Ndiassane, de Tivaouane et de Casamance. De l’autre côté, elle est apparentée à Maba Diakhou Ba parce que la fille ainée de l’Almamy du Rip était mariée à cherif Younouss et son fils ainé est le père de sa maman. Avec ses nombreuses origines, elle se réclame Chérif, Peule, Sérère, Arabe... "J’ai vraiment des parents partout. Je suis issue du métissage qui ne signifie pas toujours une peau claire", dit-elle. Depuis trente Oumou Sy travaille sur les Signares et les Colons. 

S’il y a au Sénégal, une personne qui peut retracer et raconter de manière fidèle, l’histoire des Signares (senhoras en portugais ), du surnom ces jeunes femmes noires ou métisses, de la Petite-Côte du Sénégal, dans les comptoirs de Rufisque au 17e siècle, puis de Gorée et finalement de Saint-Louis jusqu'au milieu du 19e siècle, c’est bien Oumou Sy.
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Oumou Sy : Une élégante jeune femme Sénégalaise que rien n'arrête et surtout pas les obstacles

« J’ai pris une vieille robe que j’avais et je l’ai transformée en habit de Signare. J’ai appelé ma fille Maria qui avait 14 ans à l’époque et je lui ai fait porter la robe d’Anne Pépin. Elle était seule ainsi habillée parmi tous les autres participants d’une manifestation qui se déroulait à Saint-Louis, dans le cadre de la célébration du Bicentenaire. Finalement, j’ai gagné le marché de la confection des tenus du bicentenaire. J’ai aussi voulu démontrer que les Signares avaient joué un rôle important dans notre histoire. Il n’était nullement question de la fameuse maxime : sois belle et tais toi », confie la styliste. Avant d’entrer dans le vif du sujet/

Gorée, les origines…
« Tout le monde pense que l’histoire des Signares a démarré à Joal, or leur histoire a débuté à Gorée. Cependant la première Signare est Cathy Louet de Rufisque. C’est vraiment elle qui est la mère de toutes les autres Signares. Il y a aussi le fait que l’on parle toujours des Signares sans jamais mentionner les garçons. Les Signares n’ont pas fait que des filles. Elles ont aussi fait des garçons. C’est pour cela que l’on retrouve certains noms européens ici au Sénégal. Il faut savoir que la Signare Cathy, la reine Yalla et le papa de Senghor ont empêché la vente de nombreuses personnes. Parce que c’est la Signare Cathy qui achetait une partie des esclaves qui arrivaient de la sous-région. L’autre partie était achetée par la reine Ndatté Yalla et le père de Senghor. Après les avoir achetés, ils les laissaient alors libres dans leurs maisons. A l’occasion, ils leur donnaient en mariage à des personnes de passage. C’est ainsi que le Sénégal est devenu un melting pot des peuples et le métissage est très répandu chez nous. »
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Oumou Sy : Styliste et costumière Sénégalaise

Un livre et un film pour combler le déficit d’images
 
« Il y a aussi le fait qu’il y a eu de nombreux livres qui ont été écrits sur les Signares, mais il y a très peu d’images. C’est pour combler ce gap que j’ai eu à reconstituer tous ces mulâtres et toutes ces Signares de partout pour faire un livre avec de très belles images. Nous allons également produire un film de cinquante-deux minutes qui va aborder l’histoire de ces Signares, des mulâtres et l’arrivée des colons. Le premier fort qui a été construit en Afrique est celui de Podor. Et moi, je suis née à Podor et c’est pourquoi j’ai tenu à parler à Baba Maal dans cette capsule. Faidherbe a habité à Podor avant que la Gouvernance de Saint-Louis ne soit terminée. Et il avait une femme bambara qui s’appelait Dionkounda.
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Le bal des signares de la costumière  Sénégalaise Oumou Sy
Cela veut dire que Faidherbe s’était bien intégré et il allait dans les mariages et les baptêmes. Certains même affirment qu’il s’était converti à l’Islam. Mais sur ce point, les avis divergent car cela n’a pas été écrit. Peut-être que dans le livre, ce point sera éclairci. l’autre célèbre colon, William Ponty, qui a donné son nom à l’école et aussi à la rue, était basé à Sédhiou. C’est un disciple de mon grand-père Cherif Younouss qui était le marabout qui formulait des prières pour William Ponty et il lui a offert sa première femme qui était sénégalaise. Malheureusement, William Ponty n’a eu que des filles. C’est pour cela que le nom de Ponty n’a pas pu s’étendre ici. Voilà en résumé toute l’essence de cet intérêt pour les Signares que je retrace dans le livre et le film à venir. », raconte Oumou Sy.